Interview de Corinne DIACRE par Marie FAUVEL sur le développement du football féminin

La Charente libre, presse régionale, publie un article très intéressant sur le parcours de Corinne Diacre, ancienne capitaine des "Bleues".

C'est une journaliste, Marie Fauvel, qui a réalisé l'interview. Est-ce un hasard ?

 Bonne lecture !

Plongez dans les yeux de Corinne Diacre, et écoutez-la parler de football. Féminin, surtout. L'ancienne capitaine des Bleues, aujourd'hui agent de développement du sport au Conseil général de la Charente, vient de s'installer sur le banc de l'ASJ Soyaux comme adjointe de Bernadette Constantin qui a remplacé Christophe Charbonnier, évincé il y a un mois. «Je me retrouve plus dans la politique sportive de Bernadette», confie l'adjointe du sélectionneur des Bleues, Bruno Bini, à l'heure de l'entraînement sur les terrains du Crédit Agricole à Soyaux. Rencontre avec l'ex-chroniqueuse de Téléfoot, future diplômée du certificat de formateur de football et proche des Girondins de Bordeaux.

Vous réalisez vos stages dans le cadre de votre certificat de formateur au Haillan, centre d'entraînement des Girondins de Bordeaux. Quelle est l'ambiance dans le club à la veille d'un hypothétique titre de champion de France?

Corinne Diacre. Je réalise en effet trente jours de stage dans l'année au Haillan durant deux ans. Mon maître de stage est Philippe Lucas, en charge des moins de 18 ans au centre de formation, et ancien pro. Il a participé à la grande épopée de 1996 avec Zidane, etc. La dernière fois que je m'y suis rendue c'était fin avril, à l'époque les Girondins étaient déjà pas trop mal placés. Ce club est vraiment sain, bien structuré et garde une très bonne ambiance. Il a quelque chose qui transpire de très intéressant.

Pourquoi passez-vous votre diplôme de formateur?

C.D. La Fédération avait le souhait de créer des pôles espoirs féminin visant des élèves de lycées. Je voulais postuler pour le poste du pôle de la Ligue Centre-Ouest. Aujourd'hui, on sait que ça ne se fera pas, la Ligue n'est pas candidate…

En 2001, vous déclariez que l'avenir du foot était le foot féminin, qu'en pensez-vous aujourd'hui?

C.D. Tant que les mentalités n'évolueront pas et que les gens compareront le foot masculin et les capacités physiques des hommes au foot féminin, ça ne marchera pas. Et puis, faire son trou dans un pays qui n'aime pas le sport… Quand on voit qu'on se sépare des DDJS (Direction départementale de la Jeunesse et des sports). Le développement du sport n'est pas un des objectifs de l'Etat.

Enfin, ne serait-ce qu'à la Fédé, les dirigeants sont souvent des hommes, vieillissants, ils disent qu'ils soutiennent le foot féminin parce qu'ils nous donnent de l'argent, mais nous, ce dont on a besoin c'est d'un soutien physique.

Que pensez-vous de la campagne de communication lancée par les filles de l'équipe de France où elles posent nues?

C.D. J'aurais été joueuse, je n'aurais pas pris part à cette campagne. En plus, je pense qu'on se trompe de cible en passant les photos dans des magazines comme Marie-Claire. Est-ce que les lectrices de Marie-Claire vont venir au stade?

En parlant de stade, vous avez repris une place sur le banc de Soyaux…

C.D. Oui, je donne un coup de main parce que Bernadette a repris et que je me trouve plus proche de sa politique sportive que celle qui était pratiquée avant.

Vous n'étiez pas d'accord avec Christophe Charbonnier?

C.D. Sans porter de jugement sur sa personne, il est arrivé et a bénéficié d'un élan de sympathie des joueuses qui voulaient prouver qu'elles avaient leur place en D1. Et d'ailleurs ça a marché, quand on voit qu'à Condé, elles gagnent à la 93e minute… Mais ce capital ne dure qu'un temps. Il faut ensuite travailler, faire des constats de match pour dégager des axes de travail dans la semaine qui suit… Ça n'a pas été fait, il manquait d'exigence.

La fin de saison est très compliquée pour vous…

C.D. Oui, car il faut que les filles de Condé ne gagnent aucun match alors qu'elles ont un calendrier plus facile que le nôtre… Nous, on rencontre Montpellier qui joue une place pour la Coupe d'Europe. Et puis c'est la fin de saison, est-ce que tous les clubs vont jouer le jeu jusqu'au bout? Habituellement tout le monde joue le jeu, mais on ne sait jamais.

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