Trophées du Sport Féminin 2016 : Portraits de lauréates #4 Stéphanie Frappart

Prix de l’Engagement Associatif – Stéphanie Frappart

 

C’est sur l’aspect le plus négligé des plans de féminisation que porte le quatrième Trophée Femix’Sports : l’arbitrage féminin du sport professionnel et/ou en compétition. Première femme à arbitrer des matchs de football masculin professionnel, notre lauréate 2016 évolue dans un milieu encore très masculin, notamment en ce qui concerne les fonctions arbitrales : retour sur le parcours d’une pionnière, Stéphanie Frappart.

Une vocation précoce vers l’arbitrage

À 32 ans, Stéphanie Frappart compte déjà vingt ans de parcours dans l’arbitrage, ayant débuté dès 1996, à l’âge de 13 ans. L’arbitre a tout d’abord un parcours de joueuse de foot, mais a rapidement souhaité en savoir plus sur les règles de son sport et se dirige donc dans cette voie. En mai 2014, elle devient la première femme à arbitrer des matchs dans le football professionnel masculin, et intègre en janvier 2015 la catégorie ELITE à l’UEFA et à la FIFA, promotion qui lui a notamment permis d’officier comme arbitre lors de la Coupe du monde féminine de football et lors des Jeux de Rio.

Evoluer dans le football en tant que femme, un obstacle encore actuel

Désormais bien installée dans un milieu encore très masculin, Stéphanie Frappart ne nie pas qu’être une femme arbitre pour des rencontres masculines comporte ses difficultés et ses défis spécifiques. A l’instar des entraîneures Helena Costa ou Corinne Diacre, l’arbitre internationale s’inscrit dans cette génération de femmes qui tentent de s’imposer dans le football, non sans heurts : il est encore délicat de s’imposer et de trouver sa place dans un sport peu habitué à accueillir des femmes dans les postes techniques. Parmi les éléments les plus pesants, la sociologue Béatrice Barbusse souligne que chaque femme dans le football porte la responsabilité de tout un groupe sur ses épaules, car ses résultats seront fatalement associés à son statut de femme : « Quand vous êtes marginalisée, vous portez forcément le poids des responsabilités de tout votre groupe d’appartenance. (…) Il faut en être consciente »[1].

Cette responsabilité est d’autant plus lourde pour ces pionnières qu’elles font encore figure d’exception à leurs postes. Lauréate de l’Arbitrage Féminin cette année, Stéphanie Frappart poursuit sa progression vers l’arbitrage international, et espère aujourd’hui que l’exemple de son parcours d’arbitre internationale pourra susciter des vocations chez les jeunes filles : « La femme a sa place dans le milieu du foot et notamment dans l’arbitrage, comme elle peut l’avoir en que coach, dirigeante en joueuse »[2] déclare-t-elle dans un entretien à l’Equipe 21 en 2015.

 

 

[1] BARBUSSE Béatrice, évoquant Corinne DIACRE lors d’un documentaire réalisé par Canal + Sport, « Femmes, la dernière hypocrisie du football », Enquêtes de foot, 2016, 21’06, URL de la vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=7l7Z4Jtixnc

[2] FRAPPART Stéphanie, « Enquête en immersion avec Stéphanie Frappart », L’Equipe 21, 00’35.